Le mono-plateau : simple et efficace.
Lorsque je présente mes vélos dans des salons ou autres événements, une chose interpelle souvent les visiteurs : le mono-plateau (et les immenses cassettes que je combine avec). C’est effectivement un choix technique que je fais sur nombre de mes réalisations. Pourquoi donc ?

Bien qu’évidemment les premiers vélos aient été pourvus d’un seul plateau, le développement du dérailleur avant dans les années 1940 ma permis de combiner sur les vélos un plus grand nombre de vitesses, et de couvrir une plus large plage de développements. Parallèlement, les roues libres puis les cassettes ont compté un nombre toujours croissant de pignons.
On peut aujourd’hui culminer à trois plateaux et dix pignons (pour environ 14 vitesses effectivement utilisables), ou quatre plateaux et six pignons, avec une grande vitesse proposant parfois un braquet six fois supérieur à la petite vitesse. Ces transmissions de l’extrême ont été développées en particulier pour le VTT, et sont peut-être plus utiles encore dans une optique de voyage.
Cependant, les fabricants ont continué à optmiser leurs designs, si bien qu’on a été capable d’augmenter encore le nombre de pignons sur la cassette : jusqu’à 11 vitesses, 12 vitesses, et parfois 13 vitesses sur certains groupes. Parallèlement, les petits pignons sont devenus toujours plus petits, et les grands toujours plus grands ; à tel point qu’il est devenu possible de simplifier la transmission du vélo en faisant l’économie du plateau multiple et du dérailleur avant. D’ailleurs les dérailleurs arrière ne permettaient plus de combiner des cassettes aussi grandes avec des pédaliers doubles ou triples.
Résultat : une transmission mono-plateau offre aujourd’hui à peu près autant de vitesses qu’une transmission triple,
et couvre une plage de développements presqu'aussi vaste. De ce fait, les fabricants délaissent peu à peu les pédaliers triples.
Ainsi, pour qui ne cherche pas à gagner des courses, mais simplement à se dépenser à son propre niveau et/ou à savourer la vie sur son vélo,
c’est dorénavant le mono-plateau qui apporte les plus petits braquets, grâce auxquels on arrive en haut de toutes les côtes.
En l’état actuel de l’offre, le double plateau répond le plus souvent à des besoins très sportifs,
où on se focalise sur les grandes vitesses et l’optimisation de la cadence de pédalage.
Hors la première de ces deux catégories de cyclistes forme la majeure partie des personnes qui s’adressent à moi. Qu’on me demande un vélo pour faire le tour du monde ou pour défier ses capacités d’endurance, cles transmissions mono-plateau apportent une réponse judicieuse. De grands pignons de 50, 51, voire 52 dents (selon les séries) permettent de grimper aux arbres, et let un panel de douze vitesses autorise un double usage du vélo (par exemple pour rouler bon train le week-end, ou et pour mouliner dans les cols en randonnée). J’adapte la taille du plateau au programme établi pour le vélo et au physique de la personne.
On entend parfois dire qu’avec leurs chaînes fines qui subissent des torsions importantes, les transmission mono sont plus fragile. C’est oublier que l’avènement du vélo électrique à poussé les ingénieurs à des innovations majeures : il faillait bien trouver des solutions pour répondre aux sollicitations immenses qu’un cycliste peu aguerri inflige au matériel, en croisant sa chaîne sur un VAE dont le moteur est réglé au niveau maximum d’assistance ! Les chaînes qu’on produit aujourd'hui résistent à des traitements que n’auraient pas supporté les générations précédentes.
Mais le mono n’est pas une religion, et je ne rechigne pas à monter des pédaliers doubles ou triples selon les cas de figure :
- VTT : mono-plateau presqu'à tous les coups. Comme ça on ne se pose pas la question des croisements de chaîne quand on arrive à toute allure sur un obstacle.
- Gravel : mono-plateau aussi le plus souvent, pour bénéficier de plus petits braquets, et car on ne roule pas aussi vite sur les sentiers que sur la route.
- Route, dans une optique de performance : ici le double-plateau pourrait être un meilleur choix.
- Grand voyage au bout du monde : possible que je donne la priorité au double-plateau, pour faciliter le remplacement des pièces en cas de panne au bout du monde. Mais certaines transmission mono sont tellement robustes !
- Randonnée légère sur quelques semaines : là ce sera plus probablement du mono ; et ce sera probablement en 12 vitesses, pour que le vélo serve aussi les besoins du quotidien.


